Copropriété · Paris

Quelle majorité pour annexer une partie commune (couloir, combles, palier) ?

Réponse courte

Oui : l’autorisation de l’assemblée générale est nécessaire, à la double majorité (article 26). Annexer un couloir, des combles ou un palier revient à acheter une partie commune au syndicat des copropriétaires : c’est un acte de disposition voté à la double majorité de l’article 26, puis signé chez le notaire. Cela dépend d’une question : « Cette partie commune est-elle indispensable au fonctionnement de l’immeuble (seul accès à d’autres lots, palier qui dessert des voisins, local technique) ? » Si oui : unanimité ; si non : double majorité (article 26).

Vérifié le 29 octobre 2026 · loi du 10 juillet 1965, décret du 17 mars 1967, règles de la Ville de Paris · 12 sources officielles citées en bas de page

Vote en assemblée

Double majorité (article 26)
ou unanimité selon votre cas

Côté mairie

Si l’annexion crée de la surface de plancher (combles aménagés, par exemple), une autorisation d’urbanisme est requise au-delà de 5 m² : à Paris (zone urbaine du PLU), une déclaration préalable jusqu’à 40 m², un permis de construire au-delà, et dès 20 m² si la surface totale de la construction dépasse alors 150 m² (cas fréquent pour un immeuble).

Pièces à préparer

4 pièces, détaillées ci-dessous, à joindre à la convocation.

Délai à prévoir

Inscription à l’ordre du jour, convocation 21 jours au moins avant l’AG, puis deux mois de délai de contestation après la notification du procès-verbal.

Pourquoi cette réponse

Intégrer à son appartement un bout de couloir, des combles ou un palier est fréquent dans les derniers étages parisiens. Ce n’est pas une simple autorisation de travaux : c’est l’achat d’une partie commune au syndicat des copropriétaires, voté en assemblée puis signé chez le notaire.

Annexer un couloir, des combles ou un palier revient à acheter une partie commune au syndicat des copropriétaires : c’est un acte de disposition voté à la double majorité de l’article 26, puis signé chez le notaire. L’annexer sans vote ni acte expose à une remise en état.

Votre cas : tout dépend d’une question

Cette partie commune est-elle indispensable au fonctionnement de l’immeuble (seul accès à d’autres lots, palier qui dessert des voisins, local technique) ?

Si oui

Unanimité

Une partie commune dont la conservation est nécessaire au respect de la destination de l’immeuble ne peut être cédée qu’avec l’accord de tous les copropriétaires.

Si non

Double majorité (article 26)

C’est le cas général décrit ci-dessus.

Double majorité (article 26) : comment se compte le vote

Il faut la majorité des copropriétaires en nombre, représentant au moins les deux tiers des voix de l’immeuble. Elle s’applique notamment aux actes de disposition sur les parties communes (vente d’une partie commune à un copropriétaire, appropriation). Passerelle (article 26-1) : si la résolution est rejetée mais approuvée par la moitié des membres du syndicat présents, représentés ou ayant voté par correspondance, représentant au moins le tiers des voix, un second vote a lieu immédiatement à la majorité de l’article 25.

Unanimité : Tous les copropriétaires de l’immeuble, y compris les absents, doivent donner leur accord. Elle est exigée notamment pour céder une partie commune dont la conservation est nécessaire au respect de la destination de l’immeuble, ou pour des travaux qui portent atteinte à la destination de l’immeuble ou aux droits des autres copropriétaires.

Côté mairie de Paris : quelle autorisation d’urbanisme ?

Si l’annexion crée de la surface de plancher (combles aménagés, par exemple), une autorisation d’urbanisme est requise au-delà de 5 m² : à Paris (zone urbaine du PLU), une déclaration préalable jusqu’à 40 m², un permis de construire au-delà, et dès 20 m² si la surface totale de la construction dépasse alors 150 m² (cas fréquent pour un immeuble). Faites confirmer par le service urbanisme. Toute modification de toiture ou de façade (fenêtre de toit, lucarne) relève aussi d’une autorisation d’urbanisme.

Pour savoir si votre immeuble est en secteur sauvegardé ou aux abords d’un monument historique, lancez le diagnostic gratuit de votre immeuble à partir de votre adresse.

Les points techniques à connaître

  • Un géomètre délimite et mesure la partie commune ; l’état descriptif de division et le règlement de copropriété sont modifiés.
  • Le prix est fixé par l’assemblée : un avis de valeur aide à faire accepter la proposition.
  • Si l’annexion crée de la surface de plancher (combles aménagés), une déclaration préalable ou un permis peut être exigé selon la surface.

Les pièces à joindre à votre demande

  1. Plan de géomètre de la partie commune visée (surface, limites)
  2. Proposition de prix et, si possible, avis de valeur
  3. Projet de modification de l’état descriptif de division et du règlement de copropriété (géomètre, notaire)
  4. Descriptif des travaux d’aménagement envisagés

Le projet de résolution type

À compléter entre crochets et à joindre à votre demande d’inscription à l’ordre du jour. L’outil ci-dessous remplit votre nom et votre numéro de lot et rédige la lettre au syndic.

L’assemblée générale décide de céder à [NOM DU COPROPRIÉTAIRE], propriétaire du lot n° [NUMÉRO DE LOT], la partie commune suivante : [DÉSIGNATION, SURFACE, LOCALISATION], au prix de [PRIX] €, selon le plan établi par [GÉOMÈTRE]. Les frais de géomètre, de notaire et de modification de l’état descriptif de division et du règlement de copropriété sont à la charge de l’acquéreur. L’assemblée donne mandat au syndic pour signer l’acte de vente. Majorité requise : article 26 de la loi du 10 juillet 1965 (second vote possible selon l’article 26-1).

Si cette partie commune est-elle indispensable au fonctionnement de l’immeuble (seul accès à d’autres lots, palier qui dessert des voisins, local technique) :

L’assemblée générale décide de céder à [NOM DU COPROPRIÉTAIRE], propriétaire du lot n° [NUMÉRO DE LOT], la partie commune suivante : [DÉSIGNATION, SURFACE, LOCALISATION], au prix de [PRIX] €, selon le plan joint. Les frais de géomètre, de notaire et de modification de l’état descriptif de division et du règlement de copropriété sont à la charge de l’acquéreur. L’assemblée donne mandat au syndic pour signer l’acte de vente. Majorité requise : unanimité des copropriétaires.

Les erreurs qui coûtent cher

  • Fermer un bout de couloir « en attendant » le vote : c’est une appropriation irrégulière, avec remise en état exigible.
  • Confondre le droit de jouissance exclusive d’une partie commune avec la propriété : ce n’est pas la même chose ni le même acte.
  • Oublier les frais de géomètre et de notaire dans le budget.

La procédure, étape par étape

  1. Vérifier le règlement et parler au syndic. Lisez le règlement de copropriété : il définit vos parties privatives et peut prévoir des règles particulières (clause d’harmonie de façade, sous-couche acoustique, horaires). Ni le syndic ni le conseil syndical ne peuvent autoriser seuls des travaux sur les parties communes : seule l’assemblée générale le peut, avant le début du chantier.
  2. Demander l’inscription à l’ordre du jour. Envoyez votre demande au syndic par lettre recommandée avec accusé de réception ou par lettre recommandée électronique. Vous pouvez le faire à tout moment : la question est inscrite à la prochaine assemblée, ou à la suivante si elle arrive trop tard. Joignez un projet de résolution et un dossier précisant l’implantation et la consistance des travaux (plans, descriptif, étude de structure si besoin) : ces pièces sont envoyées aux copropriétaires avec la convocation, qui doit leur parvenir au moins 21 jours avant la réunion, sauf délai plus long prévu par le règlement.
  3. Si vous ne pouvez pas attendre : une assemblée à vos frais. L’article 17-1 AA de la loi du 10 juillet 1965 permet à un copropriétaire de demander au syndic de convoquer une assemblée générale pour des questions qui ne concernent que ses droits ou obligations, comme l’autorisation de ses propres travaux. Vous prenez alors en charge l’intégralité des frais de cette assemblée, honoraires du syndic compris : le syndic vous en indique le montant prévisionnel, et l’assemblée se tient dans les 45 jours suivant leur paiement.
  4. Après le vote : le procès-verbal et le délai de deux mois. Une décision d’assemblée ne peut être contestée que par les copropriétaires opposants ou défaillants, devant le tribunal judiciaire du lieu de l’immeuble, avec un avocat, dans un délai de deux mois à compter de la notification du procès-verbal. Une autorisation qui vous est accordée peut donc encore être contestée pendant ce délai : il peut être prudent d’attendre son expiration avant de lancer des travaux importants. Passé ce délai, la décision devient définitive.
  5. En cas de refus. Si l’assemblée refuse, vous pouvez, si vous avez voté pour, demander l’annulation de la décision au tribunal judiciaire dans les deux mois suivant la notification du procès-verbal, avec un avocat, en invoquant par exemple une irrégularité ou un abus de majorité. Pour des travaux d’amélioration conformes à la destination de l’immeuble, l’article 30 de la loi de 1965 permet aussi de demander au tribunal judiciaire l’autorisation de les réaliser, aux conditions qu’il fixe. Ces démarches sont techniques : faites-vous conseiller par un avocat ou l’ADIL de Paris, qui informe gratuitement.
  6. Avant et pendant le chantier : assurances et suivi. Respectez à la lettre les conditions de la résolution votée. Remettez au syndic les attestations d’assurance des entreprises (responsabilité civile et décennale), prévenez-le des dates de chantier, et faites constater l’état des parties communes avant et après. Des travaux réalisés sans autorisation sont irréguliers : la copropriété peut en exiger l’arrêt et la remise en état, au besoin en justice.

Votre calendrier à partir de la date de l’assemblée

Indiquez la date de la prochaine assemblée générale : les dates clés se calculent automatiquement.

  1. Dossier complet transmis au syndic

    Nous conseillons huit semaines avant l’assemblée : le syndic établit l’ordre du jour avant d’envoyer la convocation.

  2. Délai minimal de convocation

    Sauf urgence, la convocation est notifiée au moins 21 jours avant l’assemblée, avec les documents utiles au vote. Le délai court à partir du lendemain de la première présentation de la lettre recommandée : elle doit donc avoir été présentée au plus tard la veille de cette date.

  3. Assemblée générale

    Vote de l’autorisation, à la majorité applicable.

  4. Notification du procès-verbal

    Le syndic notifie le procès-verbal aux copropriétaires opposants ou défaillants dans le mois qui suit l’assemblée (date indicative : un retard ne fait que reporter le point de départ du délai de contestation).

  5. Fin du délai de contestation

    Deux mois à compter de la notification. Démarrer après cette date évite de devoir défaire des travaux si la décision était annulée.

Repères indicatifs : article 9 du décret du 17 mars 1967 (délai de convocation), article 42, alinéa 2, de la loi du 10 juillet 1965 (notification du procès-verbal dans le mois, contestation dans les deux mois) et article 18 du décret (point de départ du délai de contestation). La date réelle de notification du procès-verbal fait courir le délai : vérifiez-la.

Pendant et après le chantier

  • Ne démarrez les travaux qu’après la signature de l’acte, ou selon ce que prévoit la résolution.
  • Les combles annexés et aménagés modifient souvent la toiture : autorisation d’urbanisme à prévoir.

Testez votre cas et obtenez la lettre au syndic

« Annexer une partie commune » est déjà sélectionné. Ajoutez vos autres travaux : l’outil indique la majorité la plus exigeante et rédige la demande d’inscription à l’ordre du jour.

1

Quels travaux prévoyez-vous ? Cochez tout ce qui s’applique.

2

Deux ou trois précisions

Annexer une partie commune (couloir, combles, palier) : Cette partie commune est-elle indispensable au fonctionnement de l’immeuble (seul accès à d’autres lots, palier qui dessert des voisins, local technique) ?

Vérifié le 29 octobre 2026

Pourquoi vous pouvez vous fier à cet outil

  • Sources officielles citéesLoi du 10 juillet 1965, décret du 17 mars 1967, Service-public.fr, ANIL, INC, Ville de Paris. Chaque règle renvoie à son texte.
  • Gratuit, sans inscriptionPas de compte à créer. Nous ne recevons vos coordonnées que si vous envoyez une demande.
  • Un chef de projet peut relireUn doute sur votre résultat ? Nous le vérifions avec vous. La visite, le métré et le comparatif des trois devis sont gratuits.
  • Nos prix réels publiés8 chantiers parisiens détaillés : médiane 861 € HT/m², environ 10 semaines. Voir les chantiers
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Information générale : le règlement de copropriété de votre immeuble et les services d’urbanisme de la Ville de Paris font foi pour votre cas précis.

Nous montons le dossier pour l’assemblée

Plans, étude de structure si nécessaire, descriptif, projet de résolution et attestations d’assurance : nous préparons le dossier technique que le syndic joint à la convocation, puis nous pilotons le chantier dans le respect des conditions votées. La visite, le métré et le comparatif des trois devis sont gratuits. Voir le dossier technique pour l’AG.

Questions fréquentes

Quelle majorité pour annexer une partie commune (couloir, combles, palier) ?

Oui : l’autorisation de l’assemblée générale est nécessaire, à la double majorité (article 26). Annexer un couloir, des combles ou un palier revient à acheter une partie commune au syndicat des copropriétaires : c’est un acte de disposition voté à la double majorité de l’article 26, puis signé chez le notaire. Cela dépend d’une question : « Cette partie commune est-elle indispensable au fonctionnement de l’immeuble (seul accès à d’autres lots, palier qui dessert des voisins, local technique) ? » Si oui : unanimité ; si non : double majorité (article 26).

Quelle majorité pour acheter une partie commune ?

La double majorité de l’article 26 en principe. L’unanimité de tous les copropriétaires est requise si la conservation de cette partie commune est nécessaire au respect de la destination de l’immeuble (ce peut être le cas, par exemple, d’un passage qui dessert d’autres lots).

Peut-on annexer des combles au-dessus de son appartement ?

Oui si l’assemblée vote la cession à l’article 26 et qu’un acte notarié est signé. L’aménagement peut ensuite demander une autorisation d’urbanisme, notamment s’il crée de la surface ou modifie la toiture.

Qui paie le géomètre et le notaire ?

En pratique, la résolution les met à la charge du copropriétaire acquéreur.

Pour aller plus loin

Les autres travaux en copropriété

Sources

Information générale, à jour au 29 octobre 2026. Le règlement de copropriété de votre immeuble peut prévoir des règles particulières ; seul un professionnel du droit peut se prononcer sur un cas précis.

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